Faune et sa Nouvelle Nouvelle Chanson : rencontre


Faune ne se laisse pas abattre pas la mauvaise image du style de la Chanson, cela ne les concerne pas puisque eux, ils font de la Nouvelle Nouvelle Chanson. Avec leur nouvel Ep, Faune redynamise le style de la Chanson par un chant énergique, une musique rythmée et des textes touchants.


  • Bonjour Faune ! Merci d’avoir accepté cette interview. Alors, racontez-­nous un peu votre parcours, depuis combien de temps jouez-­vous ?
Jc : Salut ! Faune c’est avant une grande et belle histoire de retrouvailles : notre premier groupe disons « sérieux » regroupait les trois membres du groupe, avec deux autres copains, quand tout le monde était étudiant, lycéen ou en Fac, selon. On était déjà très pote, on a fait plein de concerts alors, puis on a fait notre petit chemin… Edouard et Antoine ont monté une boîte de musique à l’image où ils sont designers sonores depuis quelques temps, au service de films, de marques, de vidéos promotionnelles, etc. pendant que je devenais intermittent au sein de Gong Gong notamment. Et on s’est retrouvé naturellement autour de démos qu’Edouard proposait à Antoine à ses heures. Ils m’ont proposé de monter un groupe et de travailler à six mains, d’emblée c’était un bonheur que de collaborer. On s’est toujours bien entendu !

Antoine : Oui c’est clair on a une vraie complicité humaine et musicale… et ça nous démangeait !!

 

  • Votre style de musique nous intéresse beaucoup, l’une des vocations de ce webzine est de proposer une nouvelle image au style de la Chanson. Votre musique intervient justement en faveur de ce style, pour redorer son blason : quand on s’intéresse aux paroles de vos chansons, on voit que la structure est classique, elle respecte bien la norme du style de la Chanson, mais le chant, la manière dont vous interprétez les chansons de votre dernier Ep, vient insuffler une dynamique, un renouveau au style.
    J’aimerais donc bien que vous me parliez justement de votre vision de la Chanson et ce qu’est pour vous la Nouvelle Nouvelle Chanson. 

 

 Jc : Pour ce qui est de nouvelle nouvelle chanson, c’est une tournure amusante, qui rend hommage à une période où la chanson faisait en France sa petite révolution, et entrait dans son époque, sans renier son passé : où Dominique A insufflait une fougue pop minimale synthétique à la chanson et balayait les anciens en les respectant, où Mathieu Boogaerts faisait du reggae franco-blanc poétique, où Katerine débutait en trublion de la chanson, où Miossec faisait rougir les ménagères avec ses chansons crues, et tant d’autres… On appelait ça la nouvelle chanson.
Nous on veut tout simplement amener notre petit truc à nous, mais que ce soit ancré dans notre époque. On ne choisit pas… la chanson, la pop, les arrangements electro, le rock, noise, on vient de là, on n’a pas envie de choisir, on est composé de tout ça ! Alors ça se retrouve dans un ton, qui n’est que le notre, et qui ne choisit que lui et n’empreinte pas mais s’inspire de… C’est nouveau, puisqu’on nous dit toujours qu’on ne ressemble pas à… Mais on se sent bien dans notre époque, et surtout pas passéiste. Alors c’est nouveau nouveau !

 

 

  • Comment écrivez­-vous vos chansons ? De quoi vous inspirez-­vous ? Avez­-vous des influences littéraires précises ?
Ed :   L’inspiration vient de l’incroyable magie mystérieuse du développement de la vie, et de la place de l’humain dans cet éco / echo système. C’est un regard porté sur nos contradictions, sur le lien qui nous unit depuis le commencement de l’humanité, cette balance perpétuelle entre l’horreur et le merveilleux. L’amour, la sensualité, le charnel et l’organique tiennent une place prépondérante dans nos textes. Nous sommes certes peu de chose (et encore très « jeunes »), mais que ce voyage est fascinant !
Hé bien citons quelques poètes :
Ghérasim Luca, Francis Ponge, Tristan Tzara, Jean Genet, Jean Tardieu, Henri Michaux, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, François Villon, Paul Verlaine, Emily Dickinson, Federico Garcia Lorca, Ts Eliot, …

Antoine : Personnellement je suis aussi très branché par Marc Lévy et Télé 7 jours. Je suis d’ailleurs en train de proposer des textes à Edouard et JC et je sens que ça leur plaît.

 

  •  Je tiens à vous dire que j’ai adoré votre morceau « Le Passant », j’aime particulièrement le chant, cette manière de finir vos phrasés avec panache, un peu à la Luke Jenner de The Rapture. Est­-ce que cette manière de chanter vous est venue naturellement ? Vous avez des influences précises à ce niveau-là ?
Ed : Merci !
Nous n’avons aucune gêne par rapport au français, nous sommes totalement libérés par rapport à la langue, cela nous permet d’aller dans des directions où généralement seul l’anglais est utilisé. Cela est d’ailleurs moins vrai dans les pays francophones où l’on retrouve moins cet embarras. Il y a comme un complexe en France, mais c’est heureusement en train de changer, et le français est de plus en plus utilisé librement dans beaucoup de styles.
Le chant est vraiment naturel, les seules réflexions par rapport à ça concernent le lâcher prise et l’expression, pour offrir vraiment le texte en concert : chauffer à blanc les mots !

 

  • Quels sont vos projets pour 2015 ? Vous avez des festivals en vue ? Un album peut-­être ? 
Jc : On a déjà sorti deux Eps par nous­-mêmes (toujours dispos via bandcamp ou via notre site), on vient de faire cinq nouveaux enregistrements, et là nous travaillons beaucoup, beaucoup la scène ! Le but c’est de faire un maximum de concerts en 2015 par nous-mêmes, et de trouver de consorts un entourage professionnel (tourneur et label). On ne voulait pas faire ce genre de recherches avant… On voulait jouer d’abord, se confronter seuls au studio, voir nos limites, saisir nos envies, et trouver la sève de ce qu’on souhaite dire musicalement.
Maintenant que l’on se sent plus riche de ces petites expériences, on rêve de retourner en studio, réarranger certaines choses, réenregistrer de nouvelles interprétations, ajouter quelques nouveautés, etc. Et faire un album. Jouer et sortir un album donc ! Question festivals, on en a trois en vue, mais on ne peut dire pour l’instant …

 

  • On va finir cette interview par nos deux petites questions traditionnelles : quelles sont vos influences musicales francophones ?
Jc : Dominique A, a fortiori sur scène, en solo, Françoiz Brrrr, BabX, Gainsbourg et sa folle modernité, Belin si classe, Perez et Radio Elvis dans les petits nouveaux, et quelques titres de Feu! Chatterton, Moodoïd, La Femme, sympa La Femme…

 

Ed : Holden, Michel Legrand (les compos pour les films de Jacques Demy), Bernard Heidsieck, poète sonore disparu ce 22 novembre …

 

Antoine : Alain Bashung pour sa classe à toute épreuve, Claude François pour son énergie, et aussi Léo Ferré pour les deux raisons précédentes. Sans aucune ironie. Sinon dans les vivants j’aime bien certains Lescop, il mélange avec finesse des textes étonnants et des sonorités assez inédites pour des textes en français. Et oui, ça marche !

 

  •  Avez vous des groupes ou artistes solo de chansons francophones à nous recommander ? 
 Un ami : Le Coq (superbe artiste nantais, trop rare et si délicat).


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s