30 minutes with Chevalrex, le bricoleur – chanteur


Chevalrex, l’homme à tout faire, a répondu a nos quelques questions : il nous parle de sa conception de la création, de La Souterraine, de trompette et de son prochain album. 30 minutes with Chevalrex, c’est une demi heure de chanson portée par une musique riche et une voix innocente et sincère.


  • Bonjour Chevalrex, merci d’avoir accepté cette interview ! Nous vous avons découvert grâce au morceau « Beau Perdant » qui apparaît sur le vinyle Chevalrex Vs Hyperclean : comment vous est venue l’idée de cette collaboration avec le groupe Hyperclean ?

 

J’avais cette idée depuis quelque temps de produire des splits 45 tours, avec un groupe par face, de créer une collection « Bataille 45t ». J’ai monté le label Objet Disque l’hiver dernier et ça a correspondu au moment où j’ai rencontré Benjamin et Laurent de La Souterraine, dans les mois qui ont suivi, ils ont édité une Mostla Tape d’Hyperclean, qui est un groupe que j’aimais beaucoup, et ça a été le déclic pour lancer la collection. J’avais le titre « Beau Perdant » dans les cartons qui se prêtait bien à ce format et l’affaire a été conclue en 3 mails avec Frédéric Jean d’Hyperclean.

 

  • Votre vidéo pour le morceau « Beau Perdant » a un petit côté mythe de Sisyphe, non ? Vous pouvez nous parler de cette vidéo, comment l’avez-vous pensée ?

 

Le clip repose effectivement sur cette idée. Le personnage se traîne un gros fardeau assez indéfinissable depuis la ville jusque dans les bois. Il y est question d’absurde. C’est un film qu’on a abordé comme un performance avec Stéphane qui a filmé et monté le clip. J’ai construit ce gros paquetage et me le suis traîné pendant un long moment en passant par une zone industrielle, un lotissement, des routes de campagne, la montée d’un col, puis la forêt.

 

  • Vous en avez déjà eu des moments de « pire génie » ou de « pure loser » ?

 

Dans le sens littéral de la chanson, pas vraiment. Après, ce texte repose sur la traduction en français de la figure du ‘beautiful loser’. L’imaginaire autour de cette figure a été assez peu incarné en France et j’aimais bien cette idée de transposition. Mais le titre évoque aussi les allers-retours entre les phases d’insatisfaction, de doute, liées à la création, et les moments plus sereins, de satisfaction… Enfin c’est un peu l’histoire d’une tension entre 2 extrêmes, et finalement il me semble, que les choses naissent véritablement dans ce lien là, quelque part, au milieu.
  • Qu’est-ce qui vous inspire vos textes, vous avez des références précises au niveau de l’écriture ?

 

Je ne crois pas avoir une source particulière d’inspiration ni des références précises, il est plutôt question d’associations libres qui se structurent au fil des étapes de travail. Je crois que, sans être particulièrement narratives, ou descriptives, mes chansons sont très intimes. Quelques textes naissent d’un coup dans leur forme finale, mais d’autres sont beaucoup plus longs à voir le jour, sont le fruit de plusieurs passages, se stratifient avec le temps, mais quasiment toujours de façon accidentelle.
  • Vous avez beaucoup de morceau au format court (moins de 2min), qu’est-ce qui vous plaît dans ce format ?

 

Je pense que c’est une histoire de culture, la question du format ne s’est jamais trop posée pour moi. J’ai beaucoup écouté les Magnetic Fields ou Daniel Johnston par exemple, dont les chansons dépassent rarement 2 minutes. La musique en basse fidélité s’associe assez souvent au format court, on expose ce qu’on a à exposer et la musique s’arrête, pas de variations ou de digressions… tout est dit assez rapidement. Mais c’est aussi une pratique dont je m’éloigne et finalement les morceaux plus courts de mes productions sont les morceaux les plus anciens, j’aime encore travailler dans des petits périmètres mais aujourd’hui, de meilleurs conditions d’enregistrement me permettent de pousser plus loin le travail du son. J’ai toujours beaucoup travaillé les arrangements, superposé les timbres, harmonisé les instruments mais le mode d’enregistrement lo-fi de mes débuts a changé, et du coup les formats évoluent. Le prochain disque notamment sera plus ample .
  • Il y a beaucoup de cuivres dans votre musique, ça change vraiment de la dominante musicale actuelle, c’est très plaisant ! Que cela soit dit en passant. Votre musique est la fois minimale et riche (elle reprend ainsi l’ambivalence présente dans le titre et la chanson « Beau Perdant »). Vous composez vous-même votre musique ?

 

Oui, c’est même le moteur principal. Les textes arrivent souvent dans un second temps. J’écris beaucoup de musiques instrumentales, c’est ma pratique la plus régulière et foisonnante. Certaines musiques restent en l’état, d’autres mutent vers des chansons. Après le rapport aux cuivres est assez lié au fait que je découvre la trompette depuis 2 ans et que c’est un instrument que j’adore, si je ne devais en garder que 2, ce serait le violoncelle et la trompette.

 

  • Vous avez plusieurs casquettes me semble-t-il : vous êtes donc artiste mais aussi créateur du Label Objet Disque. Ça m’a l’air d’être beaucoup de boulot ! Vous arrivez à tout gérer ? Vous travaillez avec La Souterraine, c’est ça ? Dites-nous en plus sur Objet Disque.

 

Oui je cumule plusieurs fonctions, je suis graphiste indépendant (Brest Brest Brest) le jour et musicien la nuit. L’idée autour d’Objet Disque était d’aborder le label comme on aborde un travail éditorial, au delà d’avoir une ligne musicale assez chouette, d’également développer quelque chose autour de l’objet, du disque. C’est une façon de relier les deux pratiques que j’ai et d’être encore plus au cœur de ce qui m’anime. Ma rencontre avec La Souterraine a vraiment correspondu avec le moment où j’ai lancé le label. Aujourd’hui les allers-retours sont incessants entre leur travail de défrichage et mon aspiration à éditer, produire, trouver des réponses formelles à des questions abstraites…

 

  • Pour finir, je vais vous poser nos trois petites questions habituelles : que pensez-vous des chansons francophones de nos jours ?

 

Il y en a des biens !
  • Quelles sont vos influences en musiques francophones ?

 

Le terme d’influence est un peu fort, j’écoute finalement assez peu de musiques francophones, mais il y a quelques contemporains tout à fait estimables, le prochain disque de Arlt notamment, Deableries, est superbe. J’ai beaucoup aimé le disque de Julien Gasc sorti chez 2000 Records puis chez Born Bad. Dernièrement, et après tout le monde, j’ai pas mal écouté Bertrand Belin également. J’étais sinon hier à Marseille pour un plateau avec Midget! et Orso Jesenska et j’y ai entendu de très belles choses. Enfin, ce sont tous des gens qui cherchent et tracent leur sillon. Si on peut parler d’influences, c’est dans cette idée de singularité du propos, de chansons qui ne ressemblent à aucune autre mais qui s’imposent.

 

  • Et enfin, avez-vous des scènes francophones à nous recommander ?

 

C’est une scène à lui tout seul, mais j’espère qu’Eddy Crampes aura la reconnaissance qu’il mérite, on va sortir une disque chez Objet Disque prochainement, il faut écouter ses chansons et aller le voir en concert. Sinon, le prochain Chevalrex s’appelera Futurisme et j’espère qu’il sera recommandable !



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