CORRIDOR : entrevue pour le 1er album du groupe québécois rock psyché


Corridor sort aujourd’hui leur 1er album, Le Voyage éternel. A cette occasion, nous sommes allés poser quelques questions au groupe. Corridor nous parle ici de ce qui les inspire, du studio Victor à Montréal et de leur amour pour les jeux de mots douteux.


Corridor nous a été recommandé par le groupe Chocolat que nous avions rencontrés lors du Festival Musiques Volantes. Chocolat et Corridor se retrouvent dans cette même veine psyché, par une présence instrumentale forte qui envahit des textes des plus abscons.

Corridor a sorti un premier Ep, fin 2013, intitulé Un Magicien en toi. Déjà dans ce 1er Ep on s’étonnait de la loufoquerie des titres qui n’ont de sens que pour leurs auteurs. Leur 1er album ne déçoit pas non plus au niveau du titrage. On peut en effet trouver dans Le Voyage éternel des titres comme « Plasma fontaine », « Abus d’habits » ou encore « Mi-homme mi fusée ». Et c’est ça qui est plaisant chez Corridor, c’est qu’à l’écoute de leur musique, on entre dans un univers complètement décalé.

Corridor s’est largement fait remarquer au Québec par leur musique qui déroge aux standards francophones principalement composés de folk et de chansons, où la présence du texte passe avant celle de la musique. En France aussi, Corridor navigue presque seul sur les flots du rock psyché en français car c’est davantage la pop psyché qui commence à se développer, notamment grâce à la scène toulousaine que nous adorons et dont nous parlons tant.


  • Bonjour Corridor, je vous remercie d’avoir accepté de répondre à nos quelques questions. Vous sortez le 20 novembre Le Voyage Eternel, votre 1er album, mais avant de parler de votre disque, pouvez-vous vous présenter rapidement ? D’où venez-vous et depuis combien de temps Corridor existe-t-il ?

On a sorti notre premier EP Un magicien en toi fin novembre 2013, avant cette date-là, il n’y avait que nos amis proches qui connaissaient l’existence du projet. On est quatre gars de la région de Montréal, Dom, Jo et Marc se connaissent depuis plus de dix ans tandis que Julian était à la base un ami d’un ami qui jouait bien de la guitare. Maintenant, c’est notre ami.

  • Vous détonnez quelque peu dans le paysage musical québécois et pourtant vous avez réussi à vous faire une place. Comment ça se passe au Québec pour des artistes qui proposent autre chose que de la folk et de la chanson ?

Le Québec, c’est grand, mais c’est petit. Il n’y a que deux grands centres urbains (Montréal et Québec) et pour des groupes un petit peu plus pointus, c’est plus difficile de se faire une place ailleurs que dans ces deux villes. Si les gens en région préfèrent la folk et la chanson, c’est une question de goût et d’humeur, je présume. On tire donc bien notre épingle à Montréal et à Québec, mais il nous reste encore du chemin à faire en ce qui concerne les régions.

  • Autant sur votre Ep que sur votre album, les titres de vos morceaux sont à chaque fois surprenants, qu’est-ce qui vous amène à écrire des chansons comme « Abus d’habits », « Oiseau, on cogne à la porte » ou encore « Mi-homme, mi-fusée » ?

 Quand on a commencé à écrire des chansons, les titres venaient avant les paroles. Jo et Dom tenaient un carnet avec des idées de noms de chansons qui leur venaient en tête. Certains sont nés d’anecdotes («Oiseau, on cogne à la porte» est venu après qu’un oiseau s’est échoué sur une fenêtre de notre local de pratique), d’autres par amour des jeux de mots douteux (« Abus d’habits »). « Mi-homme, mi-fusée » est un morceau rapide et instrumental, c’est sa mélodie et son énergie qui nous ont inspiré ce titre.

  • On a constaté que Le Voyage éternel est plus posé, plus pop que votre Ep Un Magicien en toi. Les rythmes sont parfois un peu plus lents, moins post-punk. C’est une volonté de votre part d’être plus pop ?

On aborde la composition surtout de manière intuitive. Pour Le voyage éternel, elle s’est faite très rapidement et c’est l’humeur du moment qui nous a inspiré ces pièces. L’album est mieux produit que le EP car nous sommes allés l’enregistrer dans un studio plus professionnel et on avait aussi embauché un réalisateur (Emmanuel Éthier de Chocolat). Ce qui en résulte une production plus léchée et inconsciemment plus pop au niveau des compositions. On travaille présentement sur la suite du Voyage et ça se fait un peu de la même manière, sauf que l’on prend un peu plus notre temps, on rejette des morceaux pour ne garder que ceux qui nous plaisent à 150%. La direction est différente, plus énergique et brute, car, avec du recul, on trouve que certaines pièces du Voyage éternel se prêtent moins à la formule live parce qu’elles sont justement trop « posées ».

  • Parlez-nous de la chanson « Castor et Pollux » : le bruit que l’on entend à la fin de la chanson, c’est une cassette qu’on rembobine ou le bruit d’un moteur de voiture ?

Aucune de ces réponses. Nous avons enregistré Le voyage éternel au studio Victor au sud-ouest de l’île de Montréal. C’est l’un des plus vieux studios d’enregistrement à Montréal si ce n’est pas LE plus vieux. Le monte-charge pour y monter notre équipement est à l’extérieur du bâtiment et doit dater des années 30. C’est donc en arrivant à la première session d’enregistrement que nous avons entendu ce fameux bruit. Il était hors de question qu’il ne se retrouve pas sur l’album et c’est à la fin de la face A qu’il a trouvé place.

  • Le rock-pop-psyché en français, c’est rare ! C’est important pour vous de chanter en français ?

L’important c’est de trouver une façon franche de livrer, autant au niveau de l’écriture que de l’exécution. Avec le français, on est juste vraiment plus à l’aise, c’est notre langue.

  • Pouvez-vous nous parler de vos influences ?

C’est plutôt large. On essaye de ne pas se limiter. Si on a envie de mettre une flûte à bec à la fin d’une chanson, on le fait. Encore là, c’est une question d’intuition. Le passé nous inspire beaucoup (le psychédélisme de la fin des années 60, les structures hypnotiques du krautrock des années 70, l’énergie brute du post-punk début 80, les bruits et les sons du shoegaze du début des années 90) et une panoplie de micro-scènes post-punk et art-rock actuelles qui émergent de certaines villes nord-américaines (Brooklyn, Victoria, Calgary, Atlanta et Montréal). Au bout du compte, on veut juste faire quelque chose qui nous plaît, peu importe les influences.

  • Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Jo: The db’s, Cleaners From Venus, The Sound

Marc: Kurt Vile, Deerhunter, Iceage

Julian: Cindy Lee, Drudkh, Death Grips

Dom: Oneohtrix Point Never, Fountain, Mild High Club

  • Avez-vous des musiques francographées à recommander ?

Vous en avez probablement entendu parler ces derniers temps puisqu’ils ont récemment tourné en France et d’autres endroits en Europe, mais nos amis de Ponctuation et Chocolat sont très recommandables.


Leur Facebook & leur Bandcamp


 

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