Je suis dans un band

Je Suis Dans Un Band de Thomas Griffin


Thomas Griffin a réalisé en 2012 le documentaire Je suis dans un band qui retranscrit le Montréal underground des artistes francophones émergents.


Je suis dans un band suit 3 artistes (Jean-Michel Pigeon, Xarah Dion et Benoit Poirier) jouant dans différents groupes de musiques francographées : l’enjeu du documentaire est de donner la paroles aux artistes francophones d’une ville cosmopolite, mondialisée, bilingue, dominée par la langue anglaise et dans un pays qui lutte constamment pour la préservation de la langue française. Chacun des artistes explique à un moment donné les raisons qui font qu’ils ont choisi le français comme langue d’expression.

Je suis dans un band -
Cliquez sur l’image pour voir le film !

C’est Jean-Michel Pigeon, le chanteur du groupe Monogrenade qui pose d’emblée le problème auquel la langue française fait face :

C’est dur de ne pas tomber dans la variété quand on chante en français.

En France surtout, ce fait-là est prégnant : le français est associé à la mauvaise variété diffusée sur toutes les radios nationales qui doivent respecter le quota des 40 % ; il est associé à la ringardise, or c’est bien méconnaître les musiques francographées que de penser de la sorte.

Puis Jean-Michel Pigeon poursuit avec ces mots :

La langue française est belle mais, aussi, est difficile à faire passer. Si on ne fait pas d’effort pour la défendre et la garder, elle va disparaître.

Ce qu’on entendend là, à 5 minutes du film, résume l’élan du documentaire, ainsi que celui du webzine Scènes Francophones & Musiques Francographées. La langue française (ou n’importe qu’elle autre langue) ne vie que si l’on joue avec, que si on l’utilise. L’anglais, langue mondiale, facilite les échanges mais met aussi en péril les autres langues et leur usage, à cause de sa domination.

Dire que l’on parle la langue de Molière, ou celle de Shakespeare et encore celle de Dante, ce n’est pas anodin : l’art a une fonction remarquable dans l’évolution d’une langue, il permet de la confronter à la modernité et à sa poétique et fait ainsi en sorte que celle-ci reste vivante.

Outre ce message, le documentaire fait découvrir l’univers musical underground de Montréal. Sur des scènes musicales / disquaires comme L’Oblique, sur des labels comme Constellation Records et Bonsound, sur des bars comme la Casa del Popolo, sur des lieux de création comme La Brique, sur des tendances comme les flexis et la sérigraphie, sur des radios comme feu Bande A Part ou encore sur des magazines comme Urbania.

Je suis dans un band est une virée dans l’envers du décor de la vie d’artiste et dans les coulisses du spectacle vivant. Le documentaire, c’est aussi des rencontres avec des professionnels de la musique, comme notamment Gourmet Délice, un des co-fondateurs de Bonsound qui évoque son expérience avec le management de groupes francophones :

Bonsound a une visée internationale peu importe la langue chantée. C’est sûr que le marché français s’impose comme étant les premiers qu’on va aller visiter parce qu’on pense qu’on a une chance là. C’est super drôle parce que t’arrive en France et puis ton chante en français et c’est même pas un atout. C’est en train de le revenir car les maisons de disque ont un quota à avoir en francophone et ils ont de la misère à trouver des groupes. Avec Monogrenade, on a signé chez Atmosphérique en France, c’était un peu des ovnis à faire de l’indie-rock en français. C’est spécial ce pays de 60 millions d’habitants où tout le monde s’attache à chanter en anglais pour peut-être avoir du succès à l’étranger alors que ça marche pas vraiment, sauf pour un groupe, Phoenix.

En 2016, 4 ans après la réalisation de Je suis dans un band, où en sont les français avec le français ? Depuis un an que ce webzine a été créé, nous avons tout de même constaté un regain de la langue française, notamment du côté des musiques électroniques. Nous irions jusqu’à dire qu’il y a même un petit côté hipster à chanter en français, et, oui, on le dit, les musiques francographées glissent doucement vers la pente du cool.

Pour lire l’entrevue faite avec Thomas Griffin, le réalisateur, cliquez ici !

On vous a fait une soundtrack du film ! On connaissait déjà Monogrenade et Ponctuaction, mais on a découvert avec joie Les Momies de Palerme, Jesus les filles et Le monde dans le feu.


Playlist sur Soundsgood


 

9 réflexions sur “Je Suis Dans Un Band de Thomas Griffin

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s