Vulgaire - Heureuse

VULGAIRE : post-punk et mystères


Vulgaire, quatuor post-punk, fait du mystère, de l’anonymat et de la non-présence leur concept artistique. Discussion autour de leur dernier album, Heureuse.


  • Qui êtes-vous ? D’où venez-vous? Quand le groupe a-t-il été créé ?

Personne, vraiment. De loin, on dirait. À un certain moment, je crois.

  •  Pourquoi VULGAIRE ? Y’a-t-il une histoire derrière ce nom de groupe ?

 Le nom évoque la démarche à laquelle nous prenons part : vulgariser la place que prend l’artiste au sens physique, au profit de la musique et de l’expérience visuelle.

  • Sur scène et sur vos visuels, vous ne montrez pas vos visages : est-ce une volonté de cultiver le mystère et le besoin de maintenir un certain anonymat ?

Nous tentons de dénaturer l’identité en ne lui accordant aucun intérêt, et nous allons aussi à l’encontre d’un genre de culte de la personnalité qui semble être de plus en plus la façon dominante de promouvoir l’image d’un artiste ou ses motivations (Sans s’engager dans un débat non plus, les autres font bien ce qu’ils veulent). D’autre part, sur scène, nous préférons nous camoufler sous un nuage visuel afin de divertir davantage le spectateur. Dans l’esthétique, il y a aussi beaucoup plus de charme à l’anonymat, selon nous.

  •  Le titre « Heureuse », c’est un cri à la liberté ?

 À vrai dire, Heureuse est le prénom de l’héroïne du concept entourant l’album.

  • Heureuse est un album concept, cela se remarque ne serait-ce qu’à la lecture des titres de l’album construit en miroir. Pouvez-vous nous parler de la manière dont vous avez conçu l’album, de l’histoire que vous racontez à travers ce personnage féminin que l’on aperçoit dans la vidéo du morceau « Heureuse » ?

 L’héroïne est confrontée à ses désirs et ses envies, mais reste toutefois très stoïque et insensible par rapport à ceux-ci. Elle fantasme sur le fait de pouvoir évoquer et ressentir de vives émotions, mais sans succès, sans âme au fond.

  • A propos de cette construction en miroir et de cette traversée allant de la « Rive II » à la « Rive I » : pouvez-vous nous expliquer ce choix de passage du II au I, de l’arrivée au départ ?

Forcé d’analyser et de discerner (sous forme d’introspection) le méandre d’émotions, de désirs, d’envies et de vices où l’on se trouve au début de l’album, nous finissons par trouver la source qui se distingue ensuite, celle qui tente de répondre aux questionnements du début, mais qui laisse sans raisonnement précis au final. Dans cette optique, Rive II est le départ et Rive I l’arrivée. Une sorte d’aller-retour, mais ici on ne parle que du retour. Si vous êtes confus, c’est tout-à-fait normal.

  •  Quelles sont vos influences ?

Nous aimons traduire notre visuel en son et le contraire aussi. Donc la recherche visuelle peut ainsi devenir notre source d’inspiration. Il va de même pour les histoires ou les émotions que l’on rattache aux chansons. La recherche est large et dépendant du bagage de connaissances musicales, il y a plusieurs sources d’inspirations à repérer, les nommer serait compliqué. Nous laissons les critiques s’en occuper, ce qui mène souvent à des découvertes par la suite (À notre grande joie)!

  • Que pensez-vous des scènes francophones montréalaises et en général ?

La discussion est longue, mais en quelques lignes :

Étant très cosmopolite, la scène montréalaise offre énormément de diversité point de vue styles musicaux, toutes langues confondues. Pour ce qui est de la scène francophone, elle est très variée, mais elle manque à se faire connaître. Il y a beaucoup de gens qui se donnent à fond pour créer des évènements de qualités, autant en Garage, en Coldwave, en Rap, et vraiment beaucoup d’autres. C’est vraiment très large.

C’est sur le plan médiatique que la scène se voit un peu limité à ce qui est mis de l’avant par les médias majeurs. Ce qui empêche un peu l’effervescence d’une scène qu’eux qualifie rapidement d’underground. Il faut suivre la scène et quand même de près aussi. Les médias locaux offrent de la diversité, mais il faut se plier à la demande aussi. Disons que faire autre chose que du Folk, du Rap ou du Rock très assumé, ça limite parfois la vitrine. Autrement, si tu es avide de bons évènements francos, il y a beaucoup de découvertes à faire à Montréal, il s’agît de sortir de la maison et de se renseigner soi-même. C’est le mieux.

  •  Avez-vous des groupes ou artistes chantant en français à recommander ?

En France :
L’impératriceFishbach, Partenaire Particulier, Jacques, Scratch Massive, Juniore

 Au Québec :
IDALG, Essaie pas, Paupière, Police des mœurs, P/DO P/DRO, Jésuslesfilles


Leur Facebook & Bandcamp


 

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