Marie Mathématique - Scenes Francophones

MARIE MATHEMATIQUE et son lo-fi yéyé psychédélique


Marie Mathématique, c’est la nouvelle pépite venant tout droit de Toulouse, le bastion de la pop psyché francophone. Longueur discussion autour du personnage Marie Mathématique, du groupe et des scènes musicales toulousaines.


  • Commençons par les présentations : qui est Marie Mathématique, d’où venez-vous et depuis combien de temps faites-vous de la musique ?

Emmanuelle : Marie Mathématique, c’est un projet que l’on a créé tous les deux il y a 4 ans, à Toulouse, quelques temps après s’être mis ensemble. On a rapidement été rejoint par des copains musiciens de la scène garage locale : Tibo, Aurore et Guillaume. Actuellement, on alterne entre concerts en groupe et concerts en duo électrique avec boîte à rythmes.

Nicolas : J’ai commencé la musique quand j’avais 6 ans, piano puis guitare, et je joue sur scène depuis mes 20 ans, j’en ai 34 maintenant. J’ai joué dans plusieurs formations toulousaines au fil du temps. Marie Mathématique est la suite logique de mon précèdent projet, The Existentialists.

  • Grâce à vous, nous avons découvert la fabuleuse série animée dessinée par Jean-Claude Forrest et dont la musique est écrite par Serge Gainsbourg. On ne peut que supposer le lien entre le nom du groupe et la série dite oubliée ; comment avez-vous découvert Marie Mathématique, la petite soeur de Babarella ?

Nicolas : Je suis tombé sur cette série par hasard sur internet il y a quelques années lorsqu’elle a été plus ou moins redécouverte sur le site de l’INA. Je cherchais un nom de groupe pour un projet que j’avais en tête. Un mélange de mes influences musicales anglo-saxonnes et du son yéyé 60s un peu déviant qu’on trouvait sur des compiles pirates comme Ils sont fous ces gaulois (bien avant les excellentes compiles Wizzz sur Born Bad Records) et qui me passionnaient de plus en plus. « Marie Mathématique », ça sonnait comme un clin d’œil intéressant.

Emmanuelle : C’est Nicolas qui me l’a fait découvrir. J’ai été conquise immédiatement et l’idée d’appeler notre groupe ainsi me plaisait bien, au-delà de la référence à la série.

  • Votre musique semble très inspirée par la série, on retrouve des éléments sonores qui font penser à la station spatiale dans laquelle Marie Mathématique se trouve. La voix un peu enfantine et le petit côté yéyé font penser à l’époque où la série a été diffusée (1965) et aux icônes qui ont inspirée la série, soit Chantal Goya et Marie-France Pisier. Du coup, cet album, est-ce une continuation de la série ou simplement une inspiration à partir du personnage ?

Emmanuelle : Ni une continuation, ni à proprement parler une inspiration, on ne cherche pas vraiment à faire revivre l’univers du personnage. Il se trouve que cette série fait écho à certaines de nos passions comme la SF ou la bande dessinée et que l’esprit 60s nous plaît bien mais ça s’arrête là. On ne cherche pas à recréer ces années-là non plus, on ne s’est jamais donné de limites dans notre musique en cherchant à sonner comme un pastiche d’une époque.

Nicolas : Au-delà de la série, c’est tout un mouvement culturel qui nous inspire : le Pop Art, la Nouvelle Vague, le mouvement Mod, le psychédélisme…et ça c’est pour les années 60, mais cela ne s’arrête pas là ; le mouvement Dada, le DIY, le Punk et les symbolistes sont, par exemple, d’autres briques qui construisent notre petit édifice lo-fi.

  • Toulouse est une véritable source musicale pour la pop psychédélique francophone (on pense à Julien Gasc, Eddy Cramps, Aquaserge, etc). En tant que toulousain, avez-vous cette impression-là ? Y a t-il un club de pop psyché à Toulouse ? Avez-vous enregistré à la fameuse Electric Mami ?

Emmanuelle et Nicolas : Il y a pas mal d’excellents groupes et artistes à Toulouse en effet, notamment ceux que tu as cités. On se côtoie tous depuis longtemps car Toulouse est finalement un grand village, tout le monde se connaît ! Il y a plusieurs scènes parallèles et complémentaires : nous, nous venons plutôt du rock garage quand le Electric mami club se base sur un son plus « progressif » façon Soft Machine / Robert Wyatt. Des gars comme Gasc ou Barbagallo sont d’excellents musiciens, nous à côté on est un peu des punks à 2 accords et 2 mains gauches haha… On adore leurs disques et pourquoi ne pas enregistrer dans leur studio un de ces jours ?

Pour l’instant nous enregistrons « à la maison » (parfois la nôtre, parfois ailleurs) avec un enregistreur 8 pistes à cassette. 2 micros pour la batterie (en mono), un pour la basse ou la guitare, puis on construit nos morceaux par couches successives d’overdubs jusqu’à ce que le résultat nous plaise.

On aime bien ce côté bricolo un peu bordélique. On bidouille, on trafique, c’est toujours la course contre les limitations du matériel mais c’est justement cela qui est intéressant. Comme le disait le groupe punk Desperate Bicycles, pionniers du DIY : « it was easy, it was cheap, go and do it ! »

  • Pouvez-vous nous parler de la chanson « L’Homme-éléphant » ?

Emmanuelle : L’idée du morceau est venue lors d’une visite chez mon frère qui avait fabriqué un masque d’éléphant pour son fils. On a trouvé ça marrant l’idée de faire un morceau sur un homme-éléphant. Les percussions ont étés enregistrés dans notre petit appartement. Pendant que Tibo prenait le son, je tapais sur un carton avec une cuillère en bois et Nicolas faisait résonner une bouteille en verre avec une lime à ongle !

Nicolas : J’avais une sorte de rythme un peu tribal en tête, façon « roi de la jungle ». Qui ou quoi est l’homme-éléphant ? Il n’y a pas forcement de réponse précise, même si j’ai ma petite idée là-dessus. Je crois que l’on n’a pas forcément besoin d’explications pour tout et qu’on peut se laisser aller à exprimer son inconscient et faire jaillir de son cerveau les images qui nous habitent et nous façonnent sans que l’on s’en rende toujours compte. Ces images absurdes forment la carte d’un territoire qui mènent peut-être à quelque chose, à un quelque part… Et sinon tant pis ,c’était un beau voyage !

  • Vous avez travaillé avec Thomas Pradier pour le visuel, comment s’est passée la collaboration ? Est-ce vous qui lui avez demandé de travailler avec vous ?

Emmanuelle et Nicolas : Thomas est un très bon ami, il est intervenu sur l’infographie (lettrage, mise en page ,etc) à partir du visuel que nous avions déjà réalisé. Nous sommes un peu limité en informatique, du coup on a demandé à Thomas un coup de main pour ne pas se retrouver avec une pochette pixélisée dans un format illisible ! Il a également joué sur l’album et nous rejoint régulièrement sur scène, c’est un excellent multi-instrumentiste.

Avez-vous des artistes chantant en français à recommander ?

Emmanuelle et Nicolas : tout à l’heure on parlait de la scène Toulousaine, on écoute également des artistes comme Laure Briard, Camille Benâtre et Thomas Pradier qui sont soutenus par La Souterraine. Il y a aussi notre groupe punk / powerpop préféré, Asphalt, dont le EP Abstinence, chômage et dépression est à écouter d’urgence.


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