L'Imperatrice - Soubresaut

L’IMPÉRATRICE se déguise pour son Bal des débutantes


L’Impératrice, l’ensemble électro-tropical, sort MATAHARI, un premier album disco. Une écoute qui dissipera les derniers froids du Paris-Moscou.


L’Impératrice est dans les bacs. Après quatre EP, le plus connu des sextuors électro français sort son premier album, MATAHARI, ce vendredi 2 mars. On en avait déjà un single, ERREUR 404, depuis octobre dernier. Cette fois-ci, ce sont bien onze titres aux confluents de la musique d’arcade, disco, et de la variété, que nous livre L’Impératrice.

À l’image de son propre nom, le groupe a choisi une figure féminine comme proue de cet album, Mata Hari. Margaretha Geertruida Zelle, courtisane, danseuse exotique et… agent double néerlandaise, fusillée à Vincennes le 15 octobre 1917 pour espionnage. Nos historiens contemporains doutent qu’elle ait tant espionné que ça. Sa mort aurait surtout servi de propagande. Une femme de mystères alors, préservés par les insolubles volutes de la couverture du disque.

Le mystère, L’Impératrice l’entretient avec ses sonorités toujours aussi légères, évasives. De « Là-haut », premier morceau entièrement instrumental et doucement tropical, à « Entre-deux », méandre de synthé pop en tambourin ou autres percussions.

 Sous les tropiques

Les influences du Tropicalisme sont, comme chez Polo&Pan, remarquables et remarquées. Et revendiquées même, dans le titre « Vacances »:

«Mais dans cet aéroplane tout décolle un peu trop tôt (…)
Je délire sous les étoiles, je rêve un peu mélo
Destination tropicale, le soleil de Rio»

Ce «rêve un peu mélo», c’est le Brésilien Eumir Deodato qui en a arrangé les cuivres annonce microqlima, le label de L’Impératrice. Eumir Deodato, septuagénaire de la bossa nova et du jazz-fusion, qui a travaillé avec Sinatra, Roberta Flack, Aretha Franklin et dorénavant L’Impératrice.

On reconnaît bien sa griffe sur la chanson « Matahari », joyeux désordre funk de synthétique et d’acoustique ; on ne peut trouver comme seul défaut (?) d’être chantée en anglais. Non que l’accent Flore Benguigui soit en faute, mais les titres de l’album chantés ou sussurés – comme l’atmosphérique « Balade fantôme » – en français, sont à nos oreilles les plus plaisants. « Matahari » mis à part, seul le titre « Dreaming of you » est chanté en anglais, par Isaac Delusion, et laisse une impression moins marquante que ses camarades.

Un regard en arrière

Ensemble musical qui dans sa biographie s’affirme «l’un des piliers du renouveau pop à la française», L’Impératrice se réapproprie des codes et styles rétro : extravagance de la disco, sucré de la variété, désuet de la ballade… Comme chez The Pirouettes, Juliette Armanet, ou Minou, etc., c’est à qui dans les vieilles marmites fera la meilleure soupe.

Soupe musicale aux multiples arômes ce premier édit de L’Impératrice ? Peut-être non, MATAHARI est plus cocktail que potage. Cocktail dont les couleurs vives sont appréciées tant du regard que des papilles. Plus du regard que des papilles parfois, car il est difficile de percer le charme et la légèreté en surface des sonorités entraînantes de L’Impératrice.


Facebook & Deezer de L’Impératrice


 

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