James Holden and the Animal Spirits @Villette Sonique 2018 ©Abi Friard Soubresaut

VILLETTE SONIQUE 2018 – place à l’instrumental


Le festival Villette sonique envahit depuis vendredi soir (jusque mercredi) le parc de La Villette (19e) avec une programmation pointue, audacieuse et très instrumentale – priorité aux sons, aux instruments, à la musique.


Vendredi soir

Une soirée de rêve, à 95 % instrumentale, qui commence par nous mettre en transe avec les géniaux James Holden & the Animal Spirits (que l’on avait vus à Musiques volantes en compagnie de ce très cher Étienne Jaumet au saxo). Trompette, saxophone, batterie, flûtes, synthé, cloches, triangles… Un mélange électro et jazz qui en fait une musique psychédélique des plus transcendantes, inspirée notamment par les danses traditionnelles du Gnawa. Une musique spirituelle.

S’ensuit les fameux Mogwai, le groupe écossais des 90s et leur post-rock ; puis, le grand Jon Hopkins qui s’est amusé avec le public, le faisant frémir d’impatience ; une salle comble qui n’attendait que de danser sur l’électronica du producteur anglais.

Samedi après-midi

Journée au soleil allongée sur la pelouse du parc à se faire hypnotiser par l’électro-acoustique du gourou Ariel Kalma ; on plane à 10 000 sur sa musique cosmique. Le compositeur parisien s’inspire de la nature et du chant des oiseaux, de la religieuse Hildegarde de Bigen, une feministe allemande du XIIe siècle, de chants indiens – notamment celui des Dagar Brothers qui l’a poussé à partir en Inde et apprendre les fondamentaux de la musique indienne -, il pose des solos de flûte ou de saxo sur son électro… Moment zen, apaisant.

Pour les Flaming Gods, les centaines de personnes allongées sur la pelouse se lèvent. Nous aussi on est là pour eux, depuis que les TransMusicales nous les a fait découvrir, on rêve de les voir en live. On poursuit la séance de transe avec le groupe anglo-bahreïnien : envoûtement psychédélique sur des instruments venant du Népal, de Thaïlande, d’Indonésie, de Turquie, du Japon, de Tanzanie et une voix sur réverb. On quitte Paris vers un cosmopolitisme.

Samedi soir

On reste bouche bée devant les cris suraigus d’Anna Von Hausswolff, complétement émmerveillé·e·s par cette sirène suédoise.

On assiste au grand retour des Marquis de Sade, ceux qui ont participé à la renommé de Rennes, capital du rock, qui ont baptisé les Transmusicales en 1979, qui ont marqué toute une génération. La pop rennaise 80s se joint sur scène en la personne d’Étienne Daho pour chanter en duo « Ocean » du Velvet Undergroud. Classe.

Dimanche après-midi

En marche vers la géode où s’est installée la Villette Sonique, un accordéon guide nos pas : c’est celui de Mario Batkovic. Le musicien bosnien propose des compositions contemporaines entièrement organiques, et dont les sonorités graves prennent des airs d’électro.

S’ensuit : Bisou de Saddam et leur très intéressant noise-shoegaze ; Flohio, rappeuse londonnienne, son énergie, son flow et sa bonne humeur ; le parfait set de Miley Serious (membre de TGAF) sur lequel jamais on ne s’arrête de danser, happé·e·s par ses sons froids, urbains.

Le duo montréalais Essaie pas et leur cold/synth wave sont parfaitement bien placés à la scène Périphérique, littéralement placée sous le périph’ de la porte de Pantin. Leur musique sombre et froide rebondissant sur le béton, le parlé-chanté de Marie Davidson : frissons.

Bilan

Une programmation aux petits oignons, pointue, entre découvertes et groupes cultes, et un tour du monde. On regrette seulement la qualité du son en extérieur, beaucoup trop fort – et le changement de dernière minute de l’horaire de passage de Richard Dawson qui nous a fait rater son live 😦 on avait pourtant hâte d’écouter la folk du troubadour anglais.

Quel plaisir aussi que d’aller à la rencontre des personnes gérant les labels que l’on affectionne tout particulièrement (Teenage Menopause, Born Bad, Objet Disque, Howlin’ Banana, Requiem pour un twister…). Bravo au festival pour ce village des labels qui soutient la musique indépendante.

 

 

 


Site du festival Villette sonique


 

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