Jewish Gangsta Karim Madani - Soubresaut

JEWISH GANGSTA de KARIM MADANI : aux origines du mouvement goon


Jewish Gangsta de Karim Madani retrace l’histoire des goons : on navigue entre Farragut, LeFrack city, New Jersey, à la fin des années 1980, entre les gangs dont Ill Bill, Necro, Ethan Horowitz ou encore Jewish Jane font partie.


Jewish Gangsta Karim Madani - SoubresautJewish Gangsta divise sa narration en courts chapitres, alternant à chaque fois de personnage ; Karim Madani raconte leur histoire comme s’il était là, tapis dans l’ombre à suivre leurs moindre mouvements, devinant leurs ressentis et émotions. L’écriture est fluide. On reprocherait peut-être aux éditions Marchialy les césures maladroites des mots en fin de phrases, mais on adore l’objet : la couverture épaisse, le beau papier, le graphisme original et les illustrations remarquables. Un livre que l’on a envie de posséder, de mettre en avant dans sa bibliothèque.

D’abord, l’auteur crée une atmosphère. Il fait ressentir une ambiance, un contexte : celui de la guerre des gangs dans le Brooklyn des années 1980-1990, des drogues et de la mode des pipes à crack, des tendances vestimentaires des lo-life… La musique vient après. Après les règlements de compte, les fusillades, les incarcérations. À la page 68, il est question de hip-hop avec de Schoolly D, de métal avec Slayer et des DJ du Bronx : la musique qui va inspirer Ill Bill et Necro. Puis du Wu-Tang Clan, qui n’ont pas encore écrit leur musique mais qui sont là, au même moment et même endroit, à attendre devant un cinéma, avec aussi Old Dirty Bastard, Method Man et d’autres.

Necro avait un an le soir du 13 juillet [1977], au moment de la grande coupure d’électricité qui avait précipité la ville dans l’obscurité totale et provoqué une longue nuit de pillage caniculaire. Bill aussi était trop jeune pour en avoir des souvenirs précis, mais Howie passe des soirées à leur raconter cet épisode, comme tiré de l’Ancient Testament, quand la colère de Dieu et des gens du ghetto s’était abattue sur la ville. Les jeunots qui faisaient des block parties dans le Bronx en détournant l’électricité des HLM pour alimenter leur sound systems préhistoriques avaient pillés des boutiques de hi-fi et chopés du matériel high-tech. Ça avait changé le son de la ville.

Karim Madani propose un récit documenté – très – truffé d’anecdotes, peut-être parfois un peu cliché, mais qui permet de réviser les bases de la culture hip-hop US et d’étudier un phénomène socio-musical précis : les goons. Un essai qui se lit comme un roman, une source d’information remarquable, des détails historiques : une lecture agréable et passionnante.

Jewish Gangsta est en lice au Prix Barbès, littérature et musique, dont le prix sera décerné le mardi 5 juin à la brasserie Barbès, et présidé par Antoine de Caunes.


Site des éditions Marchialy


 

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