Carnon 4th Soubresaut

CARNON : 4th, un EP bipolaire


Carnon, c’est Dian Carat et Janbat Knife, deux frères parisiens qui composent ensemble. 4th, après 3rd, constitue, de manière toute évidente leur quatrième EP. Tous deux font entrer, par la magie du folk-rock imprévisible, dans un quotidien d’abord psyché, puis désabusé.


Carnon 4th SoubresautL’entrée en matière du nouvel EP 4th de Carnon se fait avec la pochette d’album carrément flippante d’une silhouette en conversation avec un O.V.N.I. Un visuel qui embrasse l’univers un soupçon badant que l’on découvrait dans les précédents trois ou quatre titres, à base de « Cafard lumineux », « La corde » ou de « Coup de poignard – Batard » composés par deux « types », que l’on soupçonnait déjà musicalement et linguistiquement imprévisibles.

Cette fois plus tempérés en première partie, un « changement radical » semble s‘être opéré. Le duo a choisi de ne garder d’expérimental que certains titres aussi intrigants que « Congeler Comme un Glaçon, Changement Radical », avec des arrangements plus sages, quoique… Sur une rythmique bien sixties, limite garage. C’est parti pour une balade psychédélique avec petits « ouhouuh » en chœur qui vont bien. Guitare, basse, batterie et chant qui se baladent tranquillement.

Puis c’est un coup de cœur pour le titre « Ton goût » qui ferait tomber en amour même le plus fervent des vegans avec cette punchline simple « J’aime ton goût » répétée jusqu’à l’enivrement. Le cordon bleu deviendrait presque sensuel, les lèvres couleurs grenadine mutines. Tous les sens sont en éveil.

Autre spécificité appréciée, le côté « nature » de paroles, rien de jamais trop chiadé, un poil candide qui nous apprend ainsi que le chanteur « aime le roller » et offre un côté déglingo bien appréciable. Évoqué également le fait de « chanter dans ma langue à moi blablabla » nous a forcément titillé·e·s.

Pourtant, sans transition entre « Ton goût » et « Devenir fou », l’album subit une vraie rupture avec un ralentissement de rythme, et des riffs plus blues. Une tout autre tournure se dessine. Blues donc, folie aussi, gouffre, manque de confiance, cœur brisé, quelques lamentations, c’est comme un voile de dégénérescence qui trouve son paroxysme avec « Bloc 12 », plus mélancolique.

Avec les deux derniers titres, 4th va se coucher, voix quasi chuchotée et nonchalante du dépit général, synthèse du désabusement quotidien, de l’ennui et de l’absurde.

Carnon propose un album brut, qui s’écoute en deux temps, entre atmosphère de fin d’après-midi pour la première partie, et dernière énergies badantes du bout de la nuit. Les deux frères véhiculent une douceur relative qui ne laisse un peu « ahuwis ».


Bandcamp de Carnon


 

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