MUSIQUES VOLANTES 2018 – Apparition mystique, puis Disparition

 


Musiques Volantes, un des meilleurs festivals de découvertes, si audacieux et aventuriers, a sonné le glas.


Apparition

Musiques-volantes-affiche-1997Musiques Volantes commence son histoire 23 ans en arrière à Metz ; de 1996 à 2018, le temps de faire valoir le potentiel immense des musiques actuelles amplifiées dans le « désert musical » qu’était la ville de l’est, termes empruntés à Yan Lindingre, l’un des créateurs de l’évènement. Depuis, le festival a pris de l’ampleur, tenant à laisser se balader la musique au gré des scènes et des projets visuels associés, dans des lieux satellites de Metz et Nancy, avec pour lieu charnière, les Trinitaires.

Disparition

Fidèle aux années précédentes, l’ultime édition du festival témoigne d’une puissance visuelle forte et d’une scénographie redoutable. Vidéos, projections, performances, créations artistiques et musicales font partie de l’univers revendiqué par Musiques Volantes. Pour vrai, on a cru voir une apparition sur la façade des Trinitaires, là où un mapping réalisé avec brio à partir des visuels des affiches des années précédentes retrace l’histoire de l’événement et fait éprouver le chemin parcouru.

20181109_222117Dévoilement

Le patrimoine revêt un rôle prépondérant, tant en termes de symbolique mystique liée à la programmation que l’exploitation de l’endroit désormais pieux. Les différentes salles habituellement inaccessibles au public se dévoilent à cœur ouvert. Le grenier accueille quelques œuvres contemporaines et la crypte est laissée ouverte à la contemplation de 10 personnes laissées face à la tombe de sœur Stéphanie.

Sacrement

On avait assisté pour la première fois au festival à l’occasion de sa 20e édition. La programmation avait de quoi nous réjouir avec un Flavien Berger intimiste, ou, deux ans plus tard avec le fameux groupe Chocolat, ou encore la découverte de TG Gondard…  Chaque année, un ou deux groupes connus – dans le milieu du moins – partagent l’affiche avec une multitude d’autres curiosités sonores que l’on découvre toujours avec avidité de nouveautés audacieuses. Pour la dernière, programmée sous le signe de l’évanescence un poil démente, une place est toujours faite aux groupes émergents et à la jeune création.

Révélations

C’est d’ailleurs Le Seul élément, trois jeunes de Metz, qui explorent l’espace sonore au clavier ouvre le bal mystique à la Chapelle.

Si l’on connaissait déjà l’excellence du groupe Maestro et son chanteur si charismatique, et dont le chant fait penser à LCD Soundsystem, la découverte du post-punk du collectif canadien Crack cloud nous a tenus dans une humeur dansante convulsive.

The Mauskovic Dance Band nombreux sur scène, partagent des rythmes de cumbia et disco, étonnamment en décalage avec leur style apprêté.

Tout droit venu des Etats-Unis,Ras G & the African Space Program propose un étonnant live afro-futuriste. Le mastodonte du beatmaking sait faire bouger les popotins !

Le style assumé du vieux rocker aux lunettes noires, bedonnant et tatoué est assuré par les énergique Viagra Boys pour un spectacle jouissif.

Tout aussi envoûtant mais dans un tout autre registre, la folk du guitariste et compositeur Yonatan Gat, ouvre, en solo avec sa double guitare pour un medley où l’on peut reconnaître du Gainsbourg, entre autres, puis avec ses musiciens pour proposer des musiques traditionnelles israéliennes. La suite se passe au centre de la salle, au milieu du public, où s’élève la puissance des chants des Eastern Medicine Singers venus pour l’occasion fera vibrer les murs de La Chapelle. Une date unique en France pour un moment fort de cette édition ! Envoûtement par le tambour central battu d’un rythme obscessionnel. On reste là, un peu sonné par ce qu’il se passe devant nous.

20181109_225712

La chapelle des Trinitaires résonne des notes de Semi secte, la création musicale réalisée pour l’occasion de la dernière, rassemblant des musiciens de Metz menés par leur gourou-chef d’orchestre. Une musique ample aux accents religieux pour un moment d’émotions pour l’ultime concert à la chapelle qui a accueilli 23 années de musiques provoquantes et de groupes déjantés. On avait trouvé cela jouissif d’y voir y jouer J. C. Satan par exemple…

Enfin, la symbiose du duo grave et minéral de Nova Materia clôture le festival avec beaucoup d’élégance, s’inscrivant comme le dernier salut de cette édition.

Adieu

Pas de sort funeste donc pour ce festival qui remplit amplement sa mission de défricher, de faire connaître la scène locale,  de programmer des groupes étonnants, détonants, dans le but de conduire la musique vers d’autres cieux, avant de disparaître, paisiblement.

Photos ©Soubresaut


Site de Musiques volantes


 

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