Ambroise

AMBROISE : À la tonalité préférable du ciel


Ambroise est un quatuor montréalais qui vient de sortir son premier album, À la tonalité préférable du ciel, un régal folk.


AmbroiseAmbroise, après un premier EP en 2013 (Ambroise) et un autre en 2015 (Anémone), se lance pour une version longue avec À la tonalité préférable du ciel, un album sorti sur le label Wild Silence. Le projet est mené par Eugénie Jobin qui assure la composition de la musique, le chant, la guitare et l’harmonium ; elle est accompagnée aux chant et aux guitares, accordéon et contre-basse de Gabriel Drole, Frédérique Roy et Simon Labbé.

L’album s’ouvre, après quelques accords de guitares, sur une voix magnifique, très vite rejoint par une autre voix pour un duo harmonieux. De la finesse et une grande beauté. Un premier morceau, « Partir », qui donne le ton.

Des silences. Des respirations. On plane, on flotte sur une dream-folk si légère, aérienne. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser bercer jusqu’à la fin. Quelques notes d’accordéons surprennent, c’est plaisant. On se concentre sur les paroles qui prennent une ampleur toute particulière.

Les textes sont empruntés au poète québécois Paul-Marie Lapointe ; les poèmes célèbrent les corps, la nature, le sentiment amoureux… Et les voix, qui montent dans des aigus si hauts et si gracieux, rendent un sublime hommage à la poésie.

corps tendre et blond
corps de velours
corps lumineux corps mouillé
herbe sous le vent des îles
corps chaleureux éclair allongé
plumage de mon sang
corps paupières tendues les mains crispées à l’épaule
cri torride des cuivres horizontaux

j’appelle résurrection les sapins et les ifs
tendresse palpitante des oursons
la toundra bascule les soleils

j’appelle une rivière où le flanc rose de ta nuque suit
le sillage profond d’une truite lunaire

une perdrix embrase l’automne
feu gris feu pers mousse flambante

j’appelle une ville arc électrique
un fleuve
entre les balises de janvier remontant de la
mort
les processions d’arbres signaleurs
une eau de hanches et de seins
un orage coffré par les bouches
une bouche où le sourcier des soifs agite tes os
de coudrier
le mois de mai ta voix rauque de nuit
le message de ton corps la création du monde

 

« Message de ton corps »
Paul-Marie Lapointe, Le Vierge incendié, 1948


Bandcamp d’ Ambroise


 

 

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