KENT, PEINE PERDUE : musique, deuil et déni


Kent, leader du groupe de rock Starshooter fondé dans les 80s, a sorti un nouveau roman, Peine perdue, aux éditions Le Dilletante. Un livre surprenant, entre musique, deuil et déni.


Peine-perduePeine perdue s’ouvre sur une mort, celle de la femme de Vincent, musicien. On s’attend à un effondrement, mais rien ne vient. Le contraire même,  un soudain éveil : Vincent ne l’aimait plus depuis longtemps. Les sentiments se transforment rapidement en rancoeur et Karen, feu sa femme, devient la source de tous les maux, de tout ce qui ne va pas dans sa vie. La perte soudain de Karen devient pour Vincent révélatrice, il réalise à quel point cette dernière l’avait rendu dépendant d’elle, combien elle l’avait étouffé dans une vie conjugale qu’il n’avait jamais vraiment désirée. Il s’était laissé faire, s’était laissé dominé par le fort caractère de Karen et de ses envies.

Peine perdue, c’est le traitement du deuil par la victimisation de soi, rejeter l’autre pour ne pas ressentir, remplacer le manque par de la haine. C’est aussi un roman sur l’âge, sur la manière de vivre sa vie comme si l’on avait 30 ans alors que l’on en a 15 de plus, sur les relations, sur la vie d’un musicien, entre tournées et opportunités de signature avec un label, sur la solitude et les actes désespérés pour ne pas être seul.

Bien que l’on eût pu reprocher quelques facilités dans le texte, comme le personnage de la voisine qui apparaît comme un deus ex machina, Kent réussit à traiter un sujet de manière non-conventionnelle, à surprendre le lecteur dès les premières pages et à maintenir son attention jusqu’à la fin.

Encore une fois il chercha  la cause du côté de Karen. Il n’avait pas été assez vigilant. Elle l’avait aussi démuni de son insolence. Le dandy hautain, elle n’en avait cure. Vincent avait cru l’avoir séduite, mais c’était elle qui lui avait mis le grappin dessus. Et, sous le couvert du jeu et de la désinvolture, elle l’avait plié a ses desiderata.

En bonus, pour découvrir l’univers musical de Kent, une vidéo live du titre « Reste encore » et ses solos d’harmonica. Un morceau touchant, voire poignant.


Site des éditions Le Dilettante


Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s