Rencontre avec L’Inséparable : la chanson française du piano-voix aux percussions


L’Inséparable se frotte à un genre risqué : la Chanson Française ; ses morceaux varient entre piano-voix, rythmes ternaires et pop colorées, en somme, L’Inséparable s’est réapproprié la chanson française. Dans l’interview ci-dessous, on découvre son univers, sa vision de la chanson et ses projets musicaux.


  • Bonjour L’Inséparable, merci d’avoir accepté cette interview. Votre nom de scène est intriguant : comment vous est venue l’idée de « L’Inséparable » et que signifie-t-il ?

 

Les inséparables (the love birds) sont des oiseaux qui ne vivent qu’en couple. Ils ont la réputation d’être tellement amoureux l’un de l’autre qu’ils meurent de chagrin si on les sépare.
J’aime cette notion de sentiments exacerbés où la demi-mesure n’existe pas. Cela correspond finalement assez bien à mes chansons que j’appréhende comme un journal de bord surréaliste d’un amour déchu.

 

  • La chanson française est un genre de plus en plus rare, vous faites partie des peu nombreux à en faire. Alors qu’au Québec la chanson en français est populaire pour tous les âges, en France, le genre a été frappé de ringardise : qu’est-ce qui vous plaît dans la chanson française ?

 

J’avoue que je ne suis pas très au fait des genres d’autant plus que la chanson française comprend elle-même de multiples facettes. Je fabrique simplement des chansons de la manière la plus sincère possible sans me soucier du rayon dans lequel on les trouvera. J’écris et j’interprète en français car c’est la langue que je maîtrise le mieux. J’aime jouer avec les mots, les expressions, la rhétorique, créer des doubles sens ou des contrastes qui provoquent des images fortes.

 

Le genre frappé de ringardise : probablement… à nous alors de faire au mieux pour le déringardiser. Pour ma part, je m’y emploie en essayant de ne pas prendre l’auditeur en otage pour lui dire tais-toi et écoute la subtilité de mes textes. Je garde à l’esprit qu’une chanson est aussi une mélodie, des textures sonores, des arrangements qui, associés à quelques mots, peut déclencher des sensations organiques qui vont au-delà de l’intellect.

 

  • Est-ce un genre que vous appréciez depuis longtemps ? Pensez-vous que ce style de musique s’apprécie davantage à une certaine période de sa vie, à un certain âge ?

 

J’ai été bercé par de nombreux chanteurs et groupes français durant ma jeunesse. Puis au fil du temps, je m’en suis éloigné pour n’y revenir que plus tard… lorsque je me suis mis à chanter. J’ai d’abord écumé pas mal de reprises en pensant que je ne serais jamais auteur. C’est finalement le théâtre (pour lequel je suis compositeur) qui m’a fait découvrir les auteurs, les textes et la puissance des mots. Ajouter à cela quelques déclics personnels et j’ai fini par me lancer dans l’écriture de mes propres chansons. C’était le bon moment.
Je pense effectivement que c’est une question de période de vie. Notre bagage culturel et notre sensibilité évoluent et c’est tant mieux. Par exemple, je me souviens qu’à l’époque je trouvais les chansons de Gérard Manset désuètes et ennuyeuses alors qu’aujourd’hui, ces mêmes chansons me transportent et me bluffent pour leur modernité… comme quoi.

 

 

  • On sent avec les paroles et l’instrumental du morceau « Va et vient sur la banquise » que vous avez envie d’ailleurs, pouvez-vous nous parler du morceau ?

 

En fait, cette chanson est une commande pour un spectacle de théâtre. Sous forme allégorique, elle raconte l’expulsion d’un clandestin et évoque les « va-et-vient » entre l’Afrique et l’Occident (esclavage, colonisation, zoo humain, tirailleurs sénégalais etc.) avec un petit clin d’œil à la chanson bien connue : Tout va très bien Madame la Marquise.
J’ai conçu ce morceau comme une complainte africaine avec des rimes simples, une interprétation naïve, une instrumentation mélodique et un final au djembé. Il y a d’ailleurs un second volet à cette chanson qui s’intitule « Occident de parcours ». Ces deux chansons sont en marge de mon répertoire. Je les chante encore sur scène mais elles n’apparaîtront pas sur l’album de l’Inséparable.

 

  • Qu’est-ce qui inspire l’écriture de vos textes ?

 

Comme beaucoup d’auteur, je pars souvent d’une situation réelle, d’un évènement personnel, d’un souvenir ou tout simplement d’une observation de la vie. J’essaye ensuite de magnifier les traits pour donner à mes textes une dimension poétique et illusoire. Mon but n’est pas de raconter platement ma vie de terrien mais au contraire de créer une écriture abstraite où la musicalité des mots prime sur le sens.

 

  • Qu’avez-vous de prévu pour la suite ? Un album ? Des scènes ? Des festivals ?

 

Actuellement, mes morceaux sont à l’état de maquette ou proviennent d’enregistrement de concert piano/voix. L’idée étant assez rapidement de ré-enregistrer et de produire une dizaine de chansons et aussi quelques instrumentaux qui constitueront mon premier album. Ensuite oui, je compte faire des live, mais pour cela je vais d’abord chercher un ou deux musiciens pour m’accompagner sur scène. Bien que je maîtrise les pédales loop et les séquences, je trouve la formule « seul en scène » trop bridante musicalement. Donc je lance un appel… 🙂

 

  • Pour finir, je vais vous poser nos trois petites questions habituelles : que pensez-vous des chansons francophones de nos jours ?

 

Si l’on met de côté la variété insipide et les grosses productions commerciales aseptisées, je trouve que la scène francophone actuelle est foisonnante de créativité. Il y a plein de projets singuliers et d’artistes émergents qui tentent des choses intéressantes et n’hésitent pas à faire un pied de nez au musicalement-correct.

 

  • Quelles sont vos influences en musiques francophones ?

 

Dominique A, Jean-Louis Murat, Christophe, Hubert-Felix Thiéfaine, Noir Désir, Barbara, Gérard Manset, Serge Gainsbourg et d’autres…
  • Et enfin, avez-vous des scènes francophones à nous recommander ?

 

Aucune que vous ne connaissiez déjà. Ceci dit, je suis séduit en ce moment par des projets qui font un rapprochement avec le cinéma ; je pense à Prieur de la Marne, De La Romance ou Presque l’Amour.

 



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